L'aube fleurie

L'aube fleurie

Larmes d'enfant

Elle n’avait rien fait, à l’aube de sa vie,

Que naître différente aux yeux de ses bourreaux.

Elle n’avait rien fait, en ce chemin maudit,

Que marcher, insouciante, en portant sur son dos

 

Un sac de provisions, pour elle et sa famille,

Pendant que sa maman et ses six frères et sœurs,

Dans leur humble maison, guettaient l’aînée des filles

Et le lourd chargement qu’elle portait avec cœur.

 

Des hommes sont venus, fusils en bandoulière,

Se sont approchés d’elle en hurlant des injures,

L’ont mise toute nue, l’ont projetée à terre,

Etouffé ses appels sous d’horribles tortures.

 

Pour eux c’était normal, puisqu’on était en guerre,

Pour eux elle n’était rien qu’une enfant d’ennemi.

L’ignoble loi du mal des monstres sanguinaires

Fit d’elle en ce matin un pauvre corps détruit.

 

Quand on la retrouva, sur le bord du chemin,

Recouverte de sang, elle respirait toujours.

Alors on l’amena, à l’hôpital lointain,

Mais après un long temps d’une route en détours,

 

Sans le soin de ses plaies, la petite plongea

Dans un coma profond. Salutaire abandon…

D’un ange sacrifié sur l’autel de l’effroi,

Oubli d’un horizon sans espoir de pardon…

 

Car l’enfant abîmée serait aussi demain,

Méprisée, puis bannie par le village entier,

Pour s’être fait souiller par onze fantassins

Qui eux restent impunis, poursuivent leurs méfaits…

 

Tragique et révoltante image de la guerre

Où de lâches soldats vont jusqu’au bout du pire,

Où les gouvernements se mettent des œillères,

Pour quelques sanglants droits sur l’argent d’un empire.

 

Honteuse indifférence aux larmes des enfants !

Coupable négligence à punir les tueurs !

Indicible souffrance à voir couler le sang

De la pure innocence en un monde sans cœur !

 

 M

 

 

 

 

 



02/03/2014
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