L'aube fleurie

L'aube fleurie

Un parfum de mystère

Atelier de Ghislaine n°209

Il fallait écrire un texte comportant ces 5 mots :

Ancien sentier clair étang froid matin

ou ces 5 autres :

Complice flacon partie preuve loi passage

ou

5 mots commençant par T

ou 

Un texte avec des mots finissant par le son sûr, sûre, sûres

 ou ressenti sur image 

 

Ci-dessous les 1er et 2ème sujets en un :

 

 

 

   C’était un matin de mai. Le soleil pénétrait à travers les interstices des volets, qu’Elodie s’empressa d’ouvrir en grand pour laisser entrer la clarté, ainsi que le concert mélodieux des oiseaux joyeux. Une bouffée de parfums fleuris s’engouffra en même temps que le vent léger qui souleva ses cheveux. Du moins le supposa-t-elle : les senteurs de lilas, tout près de la fenêtre, les effluves du seringa provenant de la haie, ceux du rosier précoce qui longeait le passage entre le devant et l’arrière de son jardin, et…un autre… qui n’avait rien à faire là, malheureusement d’ailleurs, car c’était l’un de ses préférés : le parfum du prince Jasmin.

 

  Elle en fut étonnée. D’où provenait-il ? Il semblait tout proche… Venait-il du sentier, de l’autre côté de la haie ? Était-ce le vent du sud qui le poussait vers sa maison ? « Peu importe, après tout », se dit-elle. Profitons quelques instants de ce matin clair embaumé de senteurs printanières. Elle resta donc accoudée au rebord de la fenêtre, bras nus – il ne faisait pas froid –, et elle se mit à humer les yeux fermés. Elle huma, huma… jusqu’à être enivrée de… rien !

 

   Après quelques instants, il lui fallut bien renoncer à ce bain de senteurs fantômes pour s’atteler à ses tâches. Elle laissa la fenêtre ouverte et se retourna pour se diriger vers la balle de bains, afin d’y prendre une douche, lorsque soudain… elle le vit. Il trônait au milieu de la table du salon, ouvert, à moitié vide, alors qu’elle venait de l’acheter : le flacon de son parfum préféré !

 

   Tout d’abord, elle en resta interloquée. Puis, l’étonnement fit place à la colère : « qui a osé… ? Un parfum ancien dont on ne trouve plus que quelques exemplaires sur le marché, et qui m’a coûté aussi cher ! » Ensuite, elle prit peur, et pour cause, elle vivait seule, et personne n’était invité chez elle à ce moment-là. Alors… tout ceci était absolument impossible. Du pur délire !

 

   Elle fixa intensément le flacon, tentant de trouver une explication rationnelle à la situation, tandis que le soleil dardait ses rayons complices sur les parois de verre finement ciselées de l’objet, lesquelles irradiaient de tous côtés de jolis rayons irisés. Ils donnaient un peu l’illusion que le flacon flottait sur un étang translucide.

 

   « Voyons voir… se demanda-t-elle, aurais-je raté un passage ? Serait-ce moi qui ai fait ça ? Non, impossible… au prix du parfum, de nos jours… et surtout celui-là ! » Elle souleva son bras pour respirer sa peau. « Ah oui, c’est vrai, je ne sens plus rien, se rappela-t-elle. J’avais oublié que ce fichu virus m’avait privée de mon odorat. C’est bien la preuve, tiens que je n’ai pas pu faire ça ! Pour quelle raison aurais-je sorti ce flacon de mon placard ? Pourquoi aurais-je eu envie de me parfumer pour rester chez moi, alors que je ne sens absolument rien ? »

 

   Elodie était tellement abasourdie et absorbée dans ses pensées, tout en continuant à fixer le flacon, le regard vide, qu’elle n’eut même pas l’idée de le refermer. « D’ailleurs… où est le bouchon ? » se demanda-t-elle. Elle regarda à droite, à gauche, devant, derrière, plus loin tout autour. Pas de bouchon ! Volatilisé ! Concentrée sur sa recherche frénétique, elle ne vit pas l’ombre furtive passer près d’elle en riant. Les yeux de nouveau rivés sur le flacon, tout à coup, elle vit quelque chose d’incroyable. Un fait défiant toute logique : celui-ci était en train de se vider lentement sous ses yeux, en s’évaporant par le goulot, sous la forme d’une brume pailletée d’or. Plus spectaculaire encore que le génie de la lampe d’Aladin ! Le niveau du parfum baissait à vue d’œil, tandis qu’elle voyait s’évaporer en même temps les petits symboles d’euros qu’elle avait dépensés pour se l’offrir. Et sa raison en même temps ! Mais qu’était-ce donc que cette nouvelle loi de la physique ? Les parfums qu’on aimait le plus avaient-ils le pouvoir de disparaître ainsi ? « Suis-je en train de devenir folle ? » se demanda-t-elle. « Peut-être ont-ils raison, après tout, quand ils disent que le coco peut rendre fou… »

Lorsque toute la brume fut partie, et le flacon complètement vide, il se passa quelque chose d’inattendu…

 

Suite au prochain numéro…;)

 



25/02/2023
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