L'aube fleurie

L'aube fleurie

Au bout de ton fusil...

Au bout de ton fusil, il y a la lumière,

Non celle de la vie, mais celle de l’enfer.

Tu crois en un destin fait de feu et de sang,

Pour offrir un festin aux errants, aux mendiants…

 

Tu crois que la réponse est dans le sang versé,

En ces coups de semonce et ces bombes explosées.

Il faut bien les venger, ces enfants innocents !

Il faut bien les tuer, ces bourreaux inconscients !

 

Et tu tires au hasard, dans la foule anonyme,

Sûrement, tôt ou tard, au milieu des victimes,

Un coupable mourra… Ils seront tous vengés…

Un peu… à petits pas… c’est du moins ta pensée.

 

Ami, ressaisis-toi, dépose donc ces armes

Qui ne tariront pas le torrent de tes larmes,

Mais qui te conduiront à plus de haine encore,

Mais te condamneront à plus de peine  encore.

 

La mort d’autres enfants les fera-t-elle renaître,

Ces petits innocents qu’on a fait disparaître ?

Le sang venge le sang… et après, quelle voie,

Sur le terrain sanglant, sur l’autel de l’effroi ?

 

La lumière n’est pas au bout de ton fusil.

Je sais, toi, tu le crois, car c’est ce qu’on t’a dit.

Mais vois-tu devant toi refleurir quelque rose,

Quand tu as, de sang-froid, fait périr toutes choses ?

 

Vois-tu se dessiner sur la terre ou au ciel

Une aurore de paix, un amour arc-en-ciel ?

Ressens-tu en ton cœur la joie du convaincu ?

Ressens-tu le bonheur d’une angoisse vaincue ?

 

Ne sens-tu pas, ami, l’appel d’une autre source ?

Insaisissable esprit, par-delà la grande Ourse,

Elle t’appelle, toi, toi tout seul avec toi,

Et te dit : reste là, ne les écoute pas,

 

Ne les écoute plus, ces esprits atterrés,

Qui croient en leur salut de par le sang versé.

Montre-leur le chemin, quand tu l’auras trouvé,

Apprends-leur qu’un destin se conduit dans la paix,

 

Apprends-leur qu’une vie vaut la tienne et la leur,

Et que leurs ennemis, tout comme eux, ont tous peur,

Qu’il faudra bien un jour entrevoir une trêve,

Si l’on veut que l’amour fasse fleurir les rêves,

 

Qu’un matin, ce n’est rien, dans toute une existence,

Mais qu’un instant serein fera la différence,

Quand un rayon d’amour percera le ciel noir

De leur âme velours au fond du désespoir.

 

Dis-leur que leurs journées ressemblent aux journées,

Quand ils sont obsédés par leurs malheurs passés,

Mais que les lendemains pourront sourire encore,

S’ils se donnent la main, sans se donner la mort.

 

Dis-leur que cet Eden auquel on les invite,

N’est pas dans cette haine éclatant en pépites.

Il est au creux d’eux-mêmes, échappés de l’enfer,

Distribuant des « Je t’aime » à tout leur univers.

 

 

 

 



23/09/2013
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